exim4

J’ai effectué courant décembre 2020, une migration de mes services auto-hébergés vers une nouvelle machine. Ayant réorganisé en 2019 l’ensemble de mes roles Ansible, et passant d’une base Debian 9 à Debian 10, de nombreuses corrections ont une nouvelle fois été nécessaires avant que l’ensemble soit à nouveau déployé correctement de manière automatique. La majorité des adaptations provenaient du passage à php7.4, avec un test de la version 8 (encore trop récente pour plusieurs services). Le reste concernait l’envoi de mail depuis le serveur avec exim4.

En commençant l’aventure de l’auto-hébergement, la question de l’envoi des mails ne s’était pas posée, car, dans mes souvenirs en tout cas, WordPress arrivait à me notifier par mail sans avoir de modification à effectuer au niveau du système Debian fournit avec le serveur Kimsufi que j’utilisais à l’époque. En migrant par la suite sur un VPS et en auto-hébergeant certains services à mon domicile, l’envoi de mail avait cessé de fonctionner et j’avais choisi d’ignorer la question jusqu’à la mie 2019, où j’avais réussi à produire une configuration fonctionnelle, en utilisant les serveurs de mail de l’hébergeur. Une nouvelle migration d’Unicoda courant 2020 avait à nouveau rendu l’envoi de mail inopérant. Idem avec la récente migration de ma machine locale.

Afin de continuer de recevoir les notifications liées à l’exécution des sauvegardes journalières de l’ensemble des services, et de bénéficier à nouveau des notifications WordPress, comme celles des nouveaux commentaires, je me suis donc replonger dans les profondeurs de la configuration des services mails sous GNU/Linux, afin de corriger le rôle Ansible responsable de la configuration automatique des services mails.

Voici donc à la suite, le résultat de mes notes de 2019, adaptées et corrigées après les recherches de décembre l’an dernier. J’espère ne pas avoir oublié d’étapes, mais les essais successifs de paramètres différents conduisent parfois à des incohérences, lorsque les notes ne sont pas mises à jour avec les dernières modifications effectuées à l’issue d’une session éreintante de débogage :). Par ailleurs, si mon rôle Ansible a bien été mis à jour, il me reste néanmoins à le tester une nouvelle fois, sur un système vierge, dans l’idéal, afin de garantir son bon fonctionnement. Cela étant dit, voici la configuration qui permet à mes serveurs d’envoyer des mails.

Configuration

Commençons par installer les composants nécessaires:

sudo aptitude install exim4 openssl ca-certificates mailutils

Je modifie ensuite /etc/email-addresses pour lier utilisateurs locaux et adresses mails. Ici, le but est de renvoyer tout vers l’adresse example@unicoda.com (adresse fictive pour l’exemple):

root : example@unicoda.com
monUtilisateur : example@unicoda.com
* : example@unicoda.com

Manipulation similaire, cette fois dans /etc/aliases , puis j’exécute la commande newaliases :

root: monUtilisateur
monUtilisateur : example@unicoda.com

Je modifie ensuite le fichier /etc/exim4/passwd.client, pour y ajouter une ligne contenant les informations de connexion au serveur mail choisi pour l’envoi, de la forme target.mail.server.example:login:password , et lui applique un masque 640 pour les autorisations d’accès.

Avant d’aller plus loin dans la configuration, je m’assure également que mon fichier /etc/hosts contient une ligne faisant pointer le hostname de la machine vers elle-même, soit la ligne 127.0.0.1 hostname. Par ailleurs, je modifie également /etc/mailname pour y ajouter le hostname, cette modification m’ayant été particulièrement utile pour le cas d’un message à destination d’un utilisateur de la machine, soit par exemple root@hostname.

Étape suivante, déploiement du fichier /etc/exim4/exim4.conf.localmacros avec le contenu suivant, pour l’utilisation de TLS et du port 465:

MAIN_TLS_ENABLE = 1
REMOTE_SMTP_SMARTHOST_HOSTS_REQUIRE_TLS = *
TLS_ON_CONNECT_PORTS = 465
REQUIRE_PROTOCOL = smtps
IGNORE_SMTP_LINE_LENGTH_LIMIT = true

Avant de continuer plus avant, il faut créer un certificat TLS pour exim4, on peut se baser pour cela sur l’étape 4 de ce tutoriel, qui donne la commande à exécuter. De mon côté, j’utilise les modules openssl_privatekey, openssl_csr et openssl_certificate dans ansible pour réaliser ces opérations.

J’apporte quelques modifications au fichier /etc/exim4/update-exim4.conf.conf, correspondant aux étapes 9 et 10 du tutoriel cité ci-dessus, à savoir, l’ajout du bloc suivant, juste avant la ligne .ifdef REMOTE_SMTP_HEADERS_REWRITE (étape 9):

.ifdef REQUIRE_PROTOCOL
  protocol = REQUIRE_PROTOCOL
.endif

Ainsi que le bloc suivant, juste après la ligne (étape 10):

.ifdef TLS_ON_CONNECT_PORTS
  tls_on_connect_ports = TLS_ON_CONNECT_PORTS
.endif

Enfin, édition du fichier /etc/exim4/update-exim4.conf.conf pour spécifier le comportement d’exim4, qui peut également être généré dynamiquement via sudo dpkg-reconfigure exim4-config. À noter, que le mode satellite ne prend pas en considération l’envoi local, et ne tient donc pas compte des alias configurés (comme précisé dans ce message). Pour être complet, je lui ai donc préféré le mode smarthost. J’ai pour ma part changé le dc_readhost par rapport au tutoriel dont je me suis inspiré, qui proposait localhost comme valeur. Je crois me souvenir que localhost ne fonctionnait pas dans mon cas, mais une nouvelle série de tests avec cette configuration ne serait pas inutile pour être fixé.

dc_eximconfig_configtype='smarthost'
dc_other_hostnames=''
dc_local_interfaces='127.0.0.1 ; ::1'
dc_readhost='unicoda.com'
dc_relay_domains=''
dc_minimaldns='false'
dc_relay_nets=''
dc_smarthost='target.mail.server.example::465'
CFILEMODE='644'
dc_use_split_config='false'
dc_hide_mailname='true'
dc_mailname_in_oh='true'
dc_localdelivery='mail_spool'

Nous y sommes presque, il suffit à présent de déployer la configuration exim4 via sudo update-exim4.conf, puis de redémarrer le service avec la commande sudo service exim4 restart. On peut ensuite essayer d’envoyer un mail depuis la machine avec echo "test" | mail -s "Test" example@unicoda.com. Si tout va bien, le mail arrive correctement à l’adresse fournie, sinon, il vous faudra, comme moi, parcourir les logs (sudo tail /var/log/exim4/mainlog) pour comprendre la nature du problème de configuration et parcourir les nombreux sujets et documentation autour d’exim4.

Pour finir, avant une liste d’article qui m’avait été utile lors de la configuration, voici encore quelques commandes utiles pour déboguer une configuration exim4 non fonctionnelle.

Commandes

Consulter la liste des messages gelés.

exim4 -bp

Supprimer tous les messages gelés.

exiqgrep -z -i | xargs exim -Mrm

Sources

Windows 10 – Au secours !

Mes parents m’ont demandé d’effectuer, en fin d’année 2020, une configuration basique sur un ordinateur récent tournant sous Windows et je dois dire que le fonctionnement de cet OS m’irrite au plus haut point.

Lorsqu’un utilisateur sans mot de passe éteint l’ordinateur, c’est le compte de cet utilisateur qui est ouvert automatiquement par défaut. Complètement idiot si vous avez plus d’un utilisateur, cela obligeant un utilisateur à déconnecter le compte ouvert pour se connecter. Seule solution, à priori, mettre en place un mot de passe.

À la première installation du poste, pas de moyen visible de créer un compte local, sans utiliser la ruse qui consiste à saisir plusieurs fois un numéro de téléphone erroné, ou en ne se connectant pas au réseau comme demandé dans une étape précédente.

L’affichage est par défaut zoomé, 150% sur ce poste. Éventuellement utile pour l’accessibilité si vous avez des problèmes de vue, sinon, cela donne une interface horriblement grosse et prenant une place folle en comparaison du contenu.

Créer un autre compte utilisateur local est une plaie.

Des tas de bidules pas utile de base. Une icône LinkedIn, sérieux !? Heureusement, un petit coup de PrivateZilla permet de désactiver pas mal de choses.

Le petit message quand en changeant le navigateur par défaut la première fois, cherche à semer le doute dans la tête de l’utilisateur lambda.

Le petit choix proposé l’OS pour avoir des pubs non ciblées, qui seront donc moins pertinentes. On en pleurerait.

Et pour terminer, un petit coup de W10Privacy dans le système pour être certain de désactiver certains paramètres relatifs à la vie privée et bien cacher dans l’interface.


Et j’en oublie certainement d’autres. Pour le reste, le système a l’air de fonctionner correctement. Alors bien entendu, je pourrais tout supprimer et installer une version de GNU/Linux, mais n’étant pas l’utilisateur principal, je préfère ne pas forcer les choses. Je peux proposer, expliquer, mais c’est à l’utilisateur final de savoir s’il est prêt à devoir retrouver ces marques dans un autre système, avec une autre interface. Il faudrait également être certain de la compatibilité logiciel ou de la présence d’alternative pour certains outils.

En tout cas, cela ne me donne vraiment pas envie de remplacer Windows 7 pour mes quelques sessions de jeux, malgré l’absence de nouvelles mises à jour.

Voilà pour les réactions à chaud. Je me dis donc que j’ai bien fait de passer à MacOS au boulot. Et pourtant, je n’ai pas remarqué tous ces problèmes lors de tests en machine virtuelle Win 10 sur MacOS, mais cela pouvait peut-être provenir de l’utilisation d’une version Entreprise du système. Et qui sait, un jour peut-être, un OS GNU/Linux au quotidien dans le domaine pro, avec une configuration aux petits oignons et utilisable majoritairement au clavier: le rêve.

Il va y avoir du ban !

Je disais il y de cela deux semaines, que j’avais profité du retour d’Unicoda chez OVH pour faire un tour du côté des logs du serveur. En continuant de creuser et d’analyser, l’intérêt de mettre en place un outil automatique, ou un processus d’analyse périodique, se fait clairement sentir.

En effet, en étudiant les résultats de l’agrégation des logs sur une dizaine de jours, je constate avec étonnement que l’url la plus demandée est xmlrpc.php. Pas de problème, la chose est connue, un ou plusieurs bots doivent encore être en train de s’amuser à essayer d’infiltrer la plateforme. En revanche, ce qui m’intrigue au plus haut point, c’est que le nombre d’appels soit si élevé, étant donné que je déploie systématiquement une configuration très agressive contre ceux qui spam les appels à cette page, à savoir ban IP d’une journée via fail2ban.

En allant regarder les logs de fail2ban, je constate que celui-ci se plaint de ne pas arriver à déterminer la date correcte d’un événement. Aie ! Les filtres fonctionnent correctement, mais la configuration n’est plus suffisante pour que le timestamp Apache du log soit bien compris par fail2ban. Après plusieurs essais, je décide d’en profiter pour mettre à jour fail2ban vers une version plus récente que celle fournie de base dans Debian 10, en suivant la procédure décrite sur cette page. Cela ne suffisant pas à résoudre le problème, je passe donc à la modification de mes filtres.

Pour protéger la page xmlrpc.php, j’obtiens finalement la configuration suivante:

[INCLUDES]
before = apache-common.conf

[Definition]
failregex = ^<HOST> -.* "(GET|POST|HEAD) /xmlrpc.php HTTP.*"
ignoreregex =
datepattern = ^[^[]*[({DATE})
              {^LN-BEG}

En ce qui concerne la page de login, la mise à jour de la configuration nous donne le filtre ci-dessous.

[INCLUDES]
before = apache-common.conf

[Definition]
failregex = ^<HOST> -.* "(GET|POST|HEAD) /wp-login.php HTTP.*"
ignoreregex =
datepattern = ^[^\[]*\[({DATE})
              {^LN-BEG}

Enfin, j’ai remarqué dans les logs qu’un bot testait des urls au pif, afin d’essayer de récupérer des éventuels fichiers de sauvegarde ou de configuration, à l’aide de requêtes HEAD qui terminent donc toutes en erreurs 404. J’en profite donc pour ajouter un nouveau filtre afin de traiter ce cas précis.

[INCLUDES]
before = apache-common.conf

[Definition]

failregex = ^<HOST> -.* "HEAD /.* HTTP.*" 404
ignoreregex =
datepattern = ^[^\[]*\[({DATE})
              {^LN-BEG}

Après ces quelques modifications, mon fail2ban fonctionne à nouveau correctement et il est vraiment satisfaisant de voir les bots se faire bannir automatiquement en temps réel. Cela devrait également permettre de soulager un peu le serveur, en évitant qu’il traite du trafic non désiré.

Depuis combien de temps fail2ban ne fonctionnait plus correctement ? Aucune idée… Et c’est là que le manque de monitoring se fait doucement sentir. Rien qu’avec une agrégation des logs, j’aurais été en mesure de détecter l’augmentation du nombre d’appel tentant de trouver une faille. A une époque, je recevais un mail quotidien de fail2ban résumant le nombre d’IPs bloquées et d’autres métriques similaires, malheureusement, lorsque j’avais tenté de réactiver l’envoi, le mail se faisait systématiquement attraper par les filtres de l’hébergeur, car contenant ce qui était identifié comme des liens vers du contenu malfaisant (spam, piratages, etc).

L’année 2021 s’oriente donc vers la question du monitoring, longtemps laissée de côté, faute de temps, ou pour des questions de priorité. Affaire à suivre. Les mécanismes de blocage automatique des attaquants sont donc à nouveau en place sur Unicoda et en totalité depuis le week-end dernier. Une bonne chose de faite, et qui ne devrait en aucun cas impacter les lecteurs !

Si nut ne détecte pas l’onduleur

En redémarrant mon Pi connecté à l’onduleur, après avoir éteint l’onduleur et le Pi, débranché câbles et alimentations, et déplacé les deux appareils, j’ai constaté à plusieurs reprises que l’onduleur n’était pas détecté après un redémarrage du système.

Je n’ai pour l’instant pas trouvé de meilleur solution que de redémarrer manuellement les services nut-monitor et nut-server, ce qui suffit à résoudre le problème.

$ sudo service nut-monitor status
$ sudo service nut-monitor restart
$ sudo service nut-server status
$ sudo service nut-server start

Par ailleurs, en écrivant ces lignes, je me rends compte que cela pourrait provenir de l’ordre de branchement des câbles, avec un branchement du câble de connexion à l’onduleur, qui arriverait après la tentative d’initialisation des services, car généralement, l’extinction de la machine liée à l’onduleur s’accompagne d’un déplacement de cette dernière et donc d’un débranchement de tous les câbles connectés.

En tous cas, si vous avez trouvé une solution à un problème similaire, n’hésitez pas à la partager, sinon, la solution manuelle est placée ci-dessus pour référence.

Note: Suite à une migration récente, nut-monitor n’est pas installé et tout semble fonctionner. Redémarrer nut-server devrait donc suffire, ou à défaut, nut-client dans le cas d’une machine cliente.

Une histoire de gamma

Depuis un moment déjà, mes écrans avaient pris une teinte rouge très prononcée et les textes de couleurs sombres, en particulier de couleur bleu foncé, été devenu difficile à distinguer. En changeant de système d’exploitation, ou en branchant un autre ordinateur: pas de problème d’affichage de couleur. Ce n’était donc pas un début de vieillissement des écrans, comme j’avais pu le penser par instant. Seul Arch Linux était concerné.

Rien à signaler du côté de redshift, qui ne semblait pas responsable, bien qu’ajoutant un petit effet rouge supplémentaire. Après plusieurs tentatives infructueuses, j’avais fini par m’accommoder de cette balance de couleur plus que douteuse. Et ce n’est que très récemment que j’ai trouvé les éléments permettant de remonter à la source du problème.

Je suis donc allé explorer la configuration de mes écrans du côté de xrandr avec la commande suivante:

xrandr --verbose

Je parcours les lignes, ne voyant rien de particulier, quand tout à coup, je tombe sur la ligne:

Gamma:      1.6:2.5:4.0

Je cherche donc comment rétablir les gammas à des valeurs « neutres ». Toujours avec xrandr et en spécifiant la source concernée avec l’option output, on pourra utiliser l’option dédiée, à savoir: gamma. A noter que j’ai également constaté une remise à plat des gammas avec l’option brightness.

xrandr --output DVI-D-0 --gamma 1:1:1
xrandr --output DP-1 --brightness 1.0

Ce ne fut malheureusement pas suffisant. Au démarrage suivant, réapparition du problème. Après de nouvelles recherches, j’ai fini par trouver que le fichier de configuration pour ma disposition d’ écran par défaut dans autorandr contenait la ligne:

gamma 0.625:0.4:0.25

Après avoir modifié les trois valeurs à 1.0, j’ai donc retrouvé des couleurs correctes et un affichage satisfaisant. Bref, une bête erreur de configuration, qui devait remonter à l’installation et à la première configuration d’autorandr.