De la médecine générale

Comme certains lecteurs l’auront noté, je pratique un sport peu connu et assez peu médiatisé, le roller de vitesse (Inline Speed Skating en anglais), depuis maintenant 4 ans. La saison 2017/2018 m’ayant offert de participer aux championnats de France de roller indoor, il va de soi que cette opportunité ne vient pas sans une bonne dose d’entraînement hebdomadaire et de régularité.

J’ai été confronté lors de ma deuxième année de pratique à des « problèmes » de genou, caractérisés tout d’abord par quelques douleurs. Douleurs, que j’ai choisi, à l’époque, d’ignorer. Comme beaucoup, je suis allé consulter mon médecin généraliste, qui m’a immédiatement prescrit des anti-inflammatoires en pommade, avec comme diagnostic : inflammation des cartilages. Je pouvais donc continuer à patiner, utilisant le médicament fournit quand survenait la douleur. Évidemment, la douleur n’a pas disparu et est même devenue plus fréquente. A la visite suivante, j’ai eu le droit aux anti-inflammatoires en gélule, pour un effet garanti. J’ai donc continué à patiner.

Bien plus tard dans l’année, la douleur a refait son apparition et j’ai fait mon retour dans le cabinet du médecin. À nouveau prescription d’anti-inflammatoire et d’un examen IRM en plus. Je me rappellerai toujours la réponse du médecin à ma question de réduire ma fréquence d’entraînement, en paraphrasant, en voici la teneur : « Non, continuer comme d’habitude. En cas de douleur, utiliser la crème avant, et après l’entraînement ». Je suis allé passer mon examen IRM, pas de lésions. Néanmoins, la réponse du médecin m’avait profondément dérangé.

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Temps, réseaux sociaux et RSS

J’avais commencé à écrire ces quelques réflexions peu après la lecture d’un article de Cyrille Borne (Restructuration ou on va tous mourir ?), qui évoquait réseaux sociaux, blogs et RSS entre autres considérations.

On peut lire régulièrement des invitations à s’inscrire sur Mastodonte, Diaspora*, <ajouter ici le nom de votre réseau social préféré>. Si du point de vue du libre et de la décentralisation, ces différents outils m’interpellent, le principal obstacle à leur utilisation n’est pourtant pas technique, mais, pour ma part, temporel, pour ne pas dire philosophique.

L’écueil réside dans la conception même et dans l’usage. De mon expérience sur Twitter, principalement en observateur, je garde le souvenir d’une forme d’obligation à revenir régulièrement au risque de rater une information, un lien vers un article éclairant, une astuce de programmation, … On y trouve également des comptes qui une fois suivis, deviennent omniprésent dans le fil d’actualités, car leur propriétaire publie plusieurs messages par heure. Pour ne pas passer à côté d’un éventuel contenu intéressant, il devient alors nécessaire de consulter fréquemment les nouveautés.

A cela s’ajoute le cœur du problème, le temps passé à fréquenter ces sites, dans l’espoir d’un like, dans l’attente d’un nouveau message à lire. Ce temps, c’est autant de minutes qu’on ne passera pas à mettre en place la sauvegarde de son serveur, rédiger un article, réfléchir, ou plus simplement, dormir. Au final, nous reproduisons des outils créés par des entreprises pour capter l’attention  des utilisateurs et s’assurer que ces derniers reviennent le plus souvent possible, afin de les profiler et de les abreuver de publicités, ou d’un contenu choisit pour eux par des algorithmes.

Est-ce que tout ne réside pas en fin de compte dans ces deux mots « fil d’actualités ». Qu’est-ce qui constitue une actualité, une information qui me sera pertinente, m’apprendra quelque chose, fera progresser mes réflexions ? Quel besoin ai-je d’apprendre en 140 caractères que un-tel à changer d’ordinateur. Aucun ! Information, qu’il sera moins probable de voir apparaître comme article de blog, ou alors délayée, étayée dans un texte plus construit peut-être, et expliquant les critères de choix de l’auteur au regard de ses besoins personnels.

C’est un choix individuel, qui doit être prix en connaissance de cause. J’ai de mon côté opté pour les flux RSS, qui m’apporte l’intégralité des contenus publiés sans délégation de choix à un algorithme, la possibilité de grouper les flux au sein d’une catégorie, et la récupération périodique et asynchrone des flux. Bien sûr, le choix des flux est un point critique, mais avec un peu d’organisation et de méthode, on finit par y arriver.

En somme, je crois davantage aux blogs et autres sites statiques, évoluant au gré des envies de leur propriétaire, qu’au rythme effréné des messages courts, des autoportraits quotidiennes et autres. Les découvertes s’effectuent alors majoritairement par un effet de bouche-à-oreille, par un lien, une référence vers un autre site, un autre blog. Le bout d’internet découvert ne fait pas forcément l’objet d’un suivi par RSS… mais son exploration est rarement source de déception.

Écrire et publier

Mon rythme de publication a baissé. C’est un fait. En regardant de très loin, je constate que cela coïncide assez avec mon entrée dans « le monde du travail ». Ce n’est pas le seul facteur. Étant arrivé à mettre en place un « nuage » de service informatique qui me satisfait, j’expérimente moins. Autre raison, je me suis découvert une nouvelle passion (je crois que le qualificatif est mérité) : le roller de vitesse. Il faudra aussi que je me penche un jour sur l’impact de mon emploi sur ma passion de l’informatique. Mon introduction s’allonge. Les préoccupations changent, les centres d’intérêt évoluent.

Jusqu’à présent, j’ai publié ici une majorité de contenu technique en lien avec l’informatique. La question que je me pose aujourd’hui pourrait se résumer à : « Quels sujets ont leur place ici ? ». Qu’est-ce qui a sa place où ? Ce qui est certain, c’est que je souhaite pouvoir m’éloigner de la technique pure, ouvrir vers des questions plus générales, pas forcément liées à l’informatique. On s’approche de la notion de « ligne éditoriale », terme trop professionnel, mais qui résume l’idée.
C’est davantage un joyeux bazar qui règne, constitué de billets écrits en fonction des envies du moment. Indirectement, c’est se censurer ou se faire plaisir; ( (re)trouver le plaisir d’écrire, comme forme de dialogue interne avec soi-même).

En toile de fond, se joue également la question de la propriété des données, de la fragmentation de la production numérique et du contrôle (relatif) sur celle-ci. En l’occurrence, lorsque après une compétition, je relate mon expérience via les réseaux sociaux, ne serait-il pas préférable de publier ici et de partager le lien. Est-ce que je veux que mon contenu soit fragmenté sur Twitter, introuvable sur Facebook, … etc. Les outils que j’utilise sont-ils adaptés ?
À ce sujet, j’ai découvert par hasard le principe POSSE (Publish (on your) Own Site, Syndicate Elsewhere) que l’on pourrait traduire en français de la manière suivante : publier sur son propre site, transmettre ailleurs. L’idée est donc de conserver ses données telles que articles, notes, liens, etc sur son propre espace plutôt que dans les silos et d’automatiser si besoin la transmission du contenu vers les dits silos soit en totalité, soit partiellement, mais toujours en liant ce contenu à la source principale.
Personnellement, je trouve l’idée particulièrement attirante puisqu’elle s’inscrit dans la continuité de ce que j’ai souhaité construire lorsque j’ai enregistré le nom de domaine unicoda.com . Le partage automatique vers les silos ne me semble pas indispensable, en revanche, conserver la donnée sur mon espace et faire la liaison vers ce contenu ailleurs me semble idéal.

On peut également s’interroger sur notre rapport au temps. Indéniablement, écrire, structurer sa pensée, laisser mûrir ses idées, vérifier ses affirmations, … requiert du temps. Du temps que tente de nous voler divers multinationales (Facebook, Twitter, la TV, les séries, …). Ce n’est pas que le temps passé dans ces activités soit forcément mauvais ou forcément perdu. Le problème est du côté de l’économie de l’attention, qui tend à construire chaque outil, chaque objet, de telle sorte que notre esprit revienne le plus souvent possible vers lui et y reste le plus longtemps possible. Il convient d’occuper la populace pour l’empêcher de réfléchir à ce qui importe et l’enjoindre à consommer.

Par ailleurs, si l’apprentissage de l’écriture intervient tôt dans le cursus scolaire, l’école prépare peu à l’écriture, à la publication sur Internet. Le seul lecteur étant en général, le professeur, dans son rôle d’évaluateur. Écrire sur le net, c’est faire face à des lecteurs, c’est publier dans un espace accessible à tous. Reconnaissons tout de même que les cours proposés à partir du lycée contribuent à apprendre à structurer sa pensée à l’écrit, mais toujours dans une optique d’évaluation, et non d’expression publique.

Je ne résiste pas à l’envie de terminer par une citation de Benjamin Bayart :

Il faut apprendre aux gamins, non pas à lire et écrire comme on faisait au dix-neuvième siècle, mais à lire et écrire pour être lus et à écrire en public, écrire pour publier.

 

Encore du travail ? Travail terminé !

Le travail quand il n’est pas pour nous mais qu’il est destiné à quelqu’un d’autre c’est comme d’offrir un cadeau.

Premièrement si nous ne voulons pas nous même de ce cadeau pourquoi l’autre en voudrait ?

Un mauvais cadeau quel que soit l’emballage que vous mettrez autour, de la même manière qu’un cadeau bien emballé donne envie, le mauvais contenu sera désintéressant. Ainsi, ne passez pas 5 heures à choisir votre police d’écriture, la couleur, les illustrations et les termes employés…

Pour décrire le travail à réaliser. Allez à l’essentiel. Faites quelque chose d’efficace, de succins et qui donne envie d’en découdre ! Ajoutez par exemple deux ou trois objectifs (des jalons) qui mettent au défi d’y arriver, qui montre et permet de vérifier l’état d’avancement. Ne prenez pas cette étape à la légère, aussi bien qu’en assemblant une boîte de lego, le plan de montage et la photo sur la boite doivent vous permettre de savoir où vous vous situez dans la tâche et vous motivez. Le travail donné doit avoir les mêmes caractéristiques.

Deuxièmement si vous n’êtes pas attaché au cadeau que vous offrez pourquoi l’autre le serait plus ?

Montrez votre attachement au travail que vous allez donner, si la personne voit dans vos yeux que l’accomplissement de la tâche vous rendrez plus heureux il aura tendance à le faire avec beaucoup plus d’entrain. Imaginez-vous offrant ce beau vase de chine à votre mère en racontant votre voyage à grand renfort d’image et d’émotion, la semaine suivante il y a toutes les chances que le vase trône au centre du salon garni du plus beau bouquet. Pour déléguer un travail c’est pareil.

Troisièmement et dernièrement si vous faites un cadeau à quelqu’un le connaissez-vous assez ?

Vous n’allez pas offrir une rose à un inconnu dans une ruelle sombre !? Alors ne donner pas un travail conséquent à quelqu’un avant d’apprendre à le connaître !

Aussi bête que cela puisse paraître ce dernier conseil est utilisé dans la publicité comme en politique, nous avons tendance à donner notre argent, notre confiance et notre voix à ceux qu’on pense connaître le mieux et c’est ce que l’on appel raconter une histoire. Ou en anglais le « Story Telling ».