Citations [3] – Arthur C. Clarke

Dès la fin de l’année 2133, des observateurs lucides acquirent la conviction que le « Boom raméen » conduirait à un désastre. Ils firent de sombres prédictions sur l’effondrement imminent du système économique, au milieu des cris d’enthousiasme des multitudes euphoriques qui découvraient l’abondance. Nul ne tint compte de leurs suggestions d’équilibrer les budgets et de limiter les crédits à tous les niveaux. On ne songeait au contraire qu’à élargir les possibilités d’achat d’une population qui ne savait plus attendre, et encore moins se priver.

Rama II, Arthur C. Clarke

Citations [2] – Michael Ende

« La passion de Bastien Balthazar Bux, c’était les livres. Qui n’a jamais passé tout un après-midi sur un livre, les oreilles en feux et les cheveux en bataille, à lire et lire encore, oublieux du monde alentour, insensible à la faim et au froid –

Qui n’a jamais lu en cachette, sous sa couverture, à la lueur d’une lampe de poche, parce qu’un père ou une mère ou quelque personne bien intentionnée avait éteint la lumière, dans l’idée louable que le moment était maintenant venu de dormir puisque demain il faudrait se lever tôt. –

Qui n’a jamais versé, ouvertement ou en secret, des larmes amères en voyant se terminer une merveilleuse histoire et en sachant qu’il allait falloir prendre congé des êtres avec lesquels on avait partagé tant d’aventures, que l’on aimait et admirait, pour qui l’on avait tremblé et espéré, et sans la compagnie desquels la vie allait paraître vide et dénuée de sens –

Celui qui n’a pas fait lui-même l’expérience de tout cela ne comprendra visiblement pas le geste de Bastien. »

L’Histoire sans fin, Michael Ende

Citations [1]

La vie est un chemin qui se parcourt dans un seul sens. La reprendre à zéro est impossible. On peut choisir sa destination, réfléchir quand on arrive à une intersection, ralentir, accélérer, décider de ne plus refaire les mêmes erreurs, on ne revient jamais en arrière.

Les Âmes croisées, Pierre Bottero


Ce sont d’abord les yeux, Bohem. Toujours. Le reste vient plus tard.

Les Voix des Brumes, Henri Loevenbruck


This community is misunderstood by the media… and unfortunately, the media is the message out to the non geek, non hacker community.

DEFCON Documentary


Une chose que j’ai apprise dans ma vie est qu’il ne faudrait jamais regretter l’amour. À de nombreux points de vue, c’est lui qui nous définit. Pour ça, j’ai eu de la chance. J’ai été aimé, et j’ai aimé. Finalement, c’est la seule chose qui compte. Les rêves des hommes tombent toujours en poussière.

Les Epées de la Nuit et du Jour, David Gemmel


Le plus grand changement aurait lieu quand tous les hommes refuseraient de prendre l’épée, quand la guerre ne serait plus considérée comme glorieuse, mais comme obscène.

Les Epées de la Nuit et du Jour, David Gemmel

 

[Préface] L’Ethique des Hackers – Steven Levy

La première raison qui m’a conduit à écrire sur les hackers – ces concepteurs et ingénieurs pour qui l’informatique est la chose la plus importante au monde -, c’est l’admiration que j’éprouve pour eux. Si, dans cet univers, certains utilisent le terme hacker de manière péjorative, pour stigmatiser des nerds asociaux bricolant des codes tordus ou contrefaits, j’avais une opinion bien différente. S’ils ne payaient pas de mine, ils n’en étaient pas moins des aventuriers, des visionnaires, des casse-cou, des artistes… Et les seuls en mesure d’expliquer pourquoi un ordinateur est un outil révolutionnaire. Tous savaient, à des degrés divers, jusqu’où on peut aller quand on plonge au plus profond de l’esprit des hackers: jusqu’à l’infini. Chemin faisant, j’ai compris pourquoi cette étiquette de hackers, loin d’être péjorative, était pour eux un motif de fierté.

J’ai rencontré beaucoup de ces explorateurs, depuis ceux qui dans les années 1950 avaient côtoyé des machines valant des millions de dollars, jusqu’aux jeunes surdoués qui aujourd’hui réinventent l’informatique dans leur chambre de bonne. Ils partagent tous une même philosophie, une idée simple et élégante comme la logique qui gouverne l’informatique: l’ouverture, le partage, le refus de l’autorité, et la nécessité d’agir par soi-même, quoi qu’il en coûte, pour changer le monde. C’est ce que j’appelle l’Ethique des hackers. C’est un leg précieux qu’ils ont laissé même aux gens qui ne s’intéressent pas aux ordinateurs.

Cette éthique n’a guère produit de pesants manifestes; les hackers se sont contentés de la mettre en pratique des leur vie. J’aimerais, dans ce livre, présenter ces gens qui ont réellement vécu la magie des ordinateurs afin de la faire partager au plus grand nombre. Ils sont tous différents: les hackers du laboratoire d’intelligence artificielle au MIT dans les années 1950 et 1960, les bricoleurs plus pragmatiques des années 1970 en Californie, et les jeunes gamers qui se sont fait un nom dans les années 1980.

Il ne s’agit en aucun cas, pour moi, de retracer l’histoire officielle de l’informatique. Au contraire, vous rencontrerez ici des gens méconnus, mais qui ont compté dans cette aventure. Ce sont eux qui ont le mieux compris les immenses potentialités de ces machines et le bouleversement que tout cela impliquait. Ce sont eux, les nouveaux héros.

Des hackers comme Richard Greenblatt, Bill Gosper, Lee Felsenstein ou John Harris incarnent l’âme de l’informatique. Je crois que leur histoire – ou du moins celle de leurs expériences, de leur foi parfois naïve en un autre monde qui pourrait communiquer avec le nôtre – résume ce que fut véritablement la révolution informatique.

Steven Levy, Préface de L’Ethique des Hackers.